Le nègre blanc

En fin de semaine, j’ai fait un aller-retour Montréal-Québec pour voir Le nègre blanc, une production des Asociables.

Je le savais avant même d’embarquer dans ma voiture que j’embarquais dans un périple philosophique.

First, pourquoi perdre mon temps à Québec. J’ai des affaires bien plus importantes à faire, moi, à Montréal. Pourquoi leur accorder mon temps et mon argent quand dans ma vie à moi, je suis plus important qu’eux autres? J’avoue, ça m’a tourmenté pendant toute la durée du trajet.

Deuxièmement, un nègre blanc? Ce n’est pas choquant yink un peu? Ils ne sont pas gênés, ces ignorants-là! Qui va jouer les Noirs? Ils n’ont jamais entendu parler du blackface? Ou dans ce cas-ci, le whitewashing?

De prime abord, si vous n’avez pas mis d’effort pour tenter de comprendre ce que je viens de dire, c’est correct, vous n’aurez pas à en mettre autant pour comprendre ce périple africain dans lequel Les Asociales vous entraînent

Dans la pièce de théâtre basée sur son journal intime, Jérôme Claveau se joue lorsqu’il avait 23 ans alors qu’il part en stage humanitaire au Burkina Faso. Il embarque dans l’avion avec les meilleures intentions du monde, mais dès son arrivée, il pose les pieds sur une terre remplie d’ironies.

«Pourquoi ma famille d’accueil me sert du macaroni et refuse que je mange du riz comme eux?» – Jérôme, 23 ans.

Au Burkina Faso, ça l’air, les invités sont toujours traités comme des rois. L’ironie, c’est que Jérôme est blanc. Bon, je ne sais pas si on peut dire que c’est une ironie, mais c’est clairement fucké pour un kid de 23 ans du Cégep de Jonquière.

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Ce n’est pas une pièce pour tout le monde, non. C’est pour les gens ouverts d’esprit qui aiment le risque, comme Jérôme Claveau, l’auteur et le comédien principal de la pièce de théâtre et Guy Langlois, le metteur en scène et l’autre comédien. Et moi, of course. *tousse tousse*

De ceux qui sont venus voir une pièce qui s’annonçait aussi mauvaise que la qualité de sa pub vidéo, la majorité des spectateurs ont été agréablement touchés par la raideur des propos et la mise en scène qui, comme le disent si bien Les Asociables, détruit les barrières du théâtre classique. Au point tel que j’ai dû attendre 10 minutes avant de pouvoir leur serrer la main.

Mais pourquoi ça dure deux heures? Me semble qu’ils devraient le savoir que le théâtre ce n’est pas la chose la plus captivante à l’ère Netflix? Je vais vous le dire, moi, pourquoi ça dure 2 heures.

Parce qu’il y a des choses très captivantes à dire. Plein de mots, vraiment de base by the way, pour exprimer ce qui ne se comprend pas si on n’a jamais fait le saut comme il a fait. Ça dure deux heures parce que quand tu veux raconter un stage qui t’a donné une raison de vivre à 23 ans, c’est dur de résumer ça en 2 heures. Mais il a réussi, en compagnie de Guy, qui joue tous les rôles inimaginables.

Ces 2 heures là, avec entracte, je les ai adorés. Non seulement parce que j’apprenais à connaître un côté de Jérôme que je ne connaissais pas, mais j’apprenais aussi à connaître Guy, son complice.

En fait, c’est leur complicité qui rend la pièce unique. Essayer de parler de votre enfance sans père, le sentiment d’impuissance quand on refuse votre aide et votre impatience envers des stagiaires qui ne cessent de comparer l’Afrique au Québec, le tout, sans achaler le monde avec des grandes déclarations altermondialistes.

Ben eux, ils le font très bien.

Version 2

Je ne peux pas vous dire tout ce dont Jérome nous raconte. D’abord, parce qu’il y a sûrement une loi sur la propriété intellectuelle qui me l’empêche. Aussi, je veux lui laisser le privilège de vous raconter les origines du titre. Mais surtout parce que je n’arriverais pas à résumer en quelques lignes une pièce de théâtre qui résume une période aussi crue de sa vie.

Si vous insistez, par contre, je la résumerais en une phrase: Le nègre blanc, c’est un voyage en Afrique pour 15$, mais sans la misère qu’il a vécu. Et tout le plaisir de l’expérience théâtral qu’ils ont à vous offrir.

Entre vous et moi, si vous avez 15$ et vous aimez l’aventure, le voyage, apprendre et vivre, allez-y!

Ça tombe bien, parce que Les Asociables offrent deux autres représentations de leur pièce de théâtre Le nègre blanc ce vendredi et samedi 17 et 18 février, à 20h00 au Théâtre de poche de l’Université Laval (Pavillon Desjardins, 2325 de l’Université, 2e étage, local 2112, Québec G1V 0A6).

Vous pouvez même vous procurer des billets en ligne ici.

Moi, en tout cas, je n’en retiens que du bon. J’ai toujours voulu aller en Afrique, mais j’ai juste l’argent pour me rendre à Québec de temps en temps. Si vous êtes déjà à Québec, c’est parfait, ça vous épargne le gaz aller-retour Montréal!

Prenez donc cet argent-là pour offrir une bière avec vos deux nouveaux complices.

Information

Titre: Le nègre blanc
Par: Les Asociables
Avec Jérôme Claveau et Guy Langlois
Facebook: https://www.facebook.com/asociables/
Événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1198614610177414/
Billets: https://lepointdevente.com/billets/negre-blanc-quebec/

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