Jaloux? T’es pas le seul.

Cette anecdote s’inspire d’expériences vécues par moi et d’autres gars. Je la partage, car je pense que les gars gagnent à savoir qu’ils ne sont pas seuls à être maudits par le châtiment de la jalousie.

Ce matin, je déjeunais avec une fille qui m’intéressait beaucoup. Le genre de fille avec qui tu t’entends super bien, tu ris beaucoup et tu peux jaser de tout et de rien. Le genre de fille qui ne te casse pas les oreilles. Le genre de fille qui est content que tu sois toi-même.

Entre deux bouchers de toast, entre deux sujets de conversation anodine, on jasait des différentes méthodes de contraception. Dès lors, j’entendais ma voix intérieure: «ne pose pas de question auxquelles tu ne veux pas entendre les réponses.» Mais j’étais trop curieux et j’y ai demandé: «À quel moment as-tu décidé d’utiliser ça et pourquoi?»

Ce n’était pas la première fois qu’on me raconte le pourquoi du comment. Par le passé, certaines filles m’ont raconté différentes versions. Certaines prennent la pilule contraceptive, car elle permet de rendre le cycle régulier. D’autres utilisent le diaphragme, car il ne nécessite pas la prise d’hormone. Et bien sûr, il y a l’agréable sensation d’avoir des rapports sexuels plus «naturels».  Ce sont des choses que j’ai déjà entendues par le passé et dont je suis à l’aise de discuter.

(D’ailleurs, tout le monde devrait l’être. Pour en apprendre plus sur les méthodes de contraception, cliquez ici.)

Version 4

Ce matin-là, par contre, fouillez-moi pourquoi, c’était différent. Je ne me sentais pas à l’aise d’écouter la raison qui l’a amené à les utiliser. Est-ce parce que j’avais un intérêt amoureux envers elle?

Elle m’a raconté qu’elle a décidé d’utiliser les méthodes de contraception, il n’y a que quelques mois, avant qu’on se rencontre. Elle a décidé d’utiliser les contraceptions au lendemain d’une soirée arrosée et d’un one-night avec un gars (qu’elle a trouvé bien ordinaire et dont l’expérience était sur le bord regrettable). Elle disait que c’était pour se sentir plus à l’aise les prochaines fois qu’elle boira, au cas où ils, elle ou lui, oublient d’utiliser un condom.

Cette histoire, qui pourtant m’était familière pour l’avoir entendu plusieurs fois parmi mes amies, m’a frappé de plein fouet entre deux gorgées de café. Mettons que ma crampe au cerveau n’est pas passée inaperçue.

J’ai senti une soudaine pression sur mes épaules lorsqu’elle m’a demandé si j’allais bien. Je savais que la réponse était évidente. Un petit «bien sûr, ça va!» aurait suffi.

Mais je n’y arrivais pas.

Tout d’un coup, j’ai senti le temps s’arrêter, comme une voiture en plein milieu du trafic. Le silence s’est emparé de mon appétit et ça s’est mis à bourdonner à l’intérieur de moi. Comme s’il y avait une bataille de gladiateurs intramurale entre la raison et le double standard.

Version 8

J’avais chaud.

Je me serais senti mal d’y répondre que je n’allais pas bien. Je savais qu’elle se sentirait juger. J’essayais de me convaincre que je ne la jugeais pas. Mais je devais en venir à l’évidence.

Oui, je la jugeais.

Ça m’a rendu mal à l’aise. Je me dégoûtais.

Comment se fait-il que je n’avais toujours pas réussi à me débarrasser de ce double standard, malgré mes efforts des dernières années et lors de mes dernières relations?

Ça m’irritait au plus haut degré et j’ai dû en venir à une deuxième évidence.

J’étais jaloux.

Pourquoi diable étais-je jaloux de son passé?

(En passant, si vous êtes une personne de nature jalouse, je vous invite à lire sur le sujet sur le site de Passeport Santé Québec en cliquant ici.)

Version 7

En plus de la juger et d’être jaloux, je me sentais coupable. Coupable qu’elle et moi ne nous sommes pas rencontrer plus tôt.

C’était peut-être prétentieux de ma part, mais je me disais que si on s’était rencontré avant qu’elle ait eu son one-night, j’aurais pu éviter qu’elle vive cette soirée qu’elle déplore. J’osais croire que je l’aurais attiré davantage que l’autre, qu’elle n’aurait pas eu envie de l’autre, qu’elle aurait eu envie de passer une soirée mémorable avec moi.

La présence de cette culpabilité me dérangeait encore plus. Parce que ce genre de mentalité de sauveur est paternaliste, stupide et faussement romantique.

En quoi est-ce romantique de vouloir « sauver » une fille de ses propres décisions regrettables? Qu’est-ce qui garantit que je lui aurais plu si on s’était rencontré avant?

La réponse à ses deux questions: rien.

Ma crampe au cerveau a continué pendant encore quelques secondes interminables. Alors qu’elle attendait ma réponse, je voyais le plaisir matinal de savourer un bon café disparaître lentement de son doux visage.

Elle s’inquiétait: «Ben voyons, JF, qu’est-ce qui ne va pas?»

La suite dans le prochain article.

 

Pour en savoir plus sur la jalousie: cliquez ici.
Source: Passeport Santé Québec

Pour en savoir plus sur les méthodes de contraception: cliquez ici.
Source: Société des obstétriciens et gynécologues du Canada

 

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Le nègre blanc

En fin de semaine, j’ai fait un aller-retour Montréal-Québec pour voir Le nègre blanc, une production des Asociables.

Je le savais avant même d’embarquer dans ma voiture que j’embarquais dans un périple philosophique.

First, pourquoi perdre mon temps à Québec. J’ai des affaires bien plus importantes à faire, moi, à Montréal. Pourquoi leur accorder mon temps et mon argent quand dans ma vie à moi, je suis plus important qu’eux autres? J’avoue, ça m’a tourmenté pendant toute la durée du trajet.

Deuxièmement, un nègre blanc? Ce n’est pas choquant yink un peu? Ils ne sont pas gênés, ces ignorants-là! Qui va jouer les Noirs? Ils n’ont jamais entendu parler du blackface? Ou dans ce cas-ci, le whitewashing?

De prime abord, si vous n’avez pas mis d’effort pour tenter de comprendre ce que je viens de dire, c’est correct, vous n’aurez pas à en mettre autant pour comprendre ce périple africain dans lequel Les Asociales vous entraînent

Dans la pièce de théâtre basée sur son journal intime, Jérôme Claveau se joue lorsqu’il avait 23 ans alors qu’il part en stage humanitaire au Burkina Faso. Il embarque dans l’avion avec les meilleures intentions du monde, mais dès son arrivée, il pose les pieds sur une terre remplie d’ironies.

«Pourquoi ma famille d’accueil me sert du macaroni et refuse que je mange du riz comme eux?» – Jérôme, 23 ans.

Au Burkina Faso, ça l’air, les invités sont toujours traités comme des rois. L’ironie, c’est que Jérôme est blanc. Bon, je ne sais pas si on peut dire que c’est une ironie, mais c’est clairement fucké pour un kid de 23 ans du Cégep de Jonquière.

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Ce n’est pas une pièce pour tout le monde, non. C’est pour les gens ouverts d’esprit qui aiment le risque, comme Jérôme Claveau, l’auteur et le comédien principal de la pièce de théâtre et Guy Langlois, le metteur en scène et l’autre comédien. Et moi, of course. *tousse tousse*

De ceux qui sont venus voir une pièce qui s’annonçait aussi mauvaise que la qualité de sa pub vidéo, la majorité des spectateurs ont été agréablement touchés par la raideur des propos et la mise en scène qui, comme le disent si bien Les Asociables, détruit les barrières du théâtre classique. Au point tel que j’ai dû attendre 10 minutes avant de pouvoir leur serrer la main.

Mais pourquoi ça dure deux heures? Me semble qu’ils devraient le savoir que le théâtre ce n’est pas la chose la plus captivante à l’ère Netflix? Je vais vous le dire, moi, pourquoi ça dure 2 heures.

Parce qu’il y a des choses très captivantes à dire. Plein de mots, vraiment de base by the way, pour exprimer ce qui ne se comprend pas si on n’a jamais fait le saut comme il a fait. Ça dure deux heures parce que quand tu veux raconter un stage qui t’a donné une raison de vivre à 23 ans, c’est dur de résumer ça en 2 heures. Mais il a réussi, en compagnie de Guy, qui joue tous les rôles inimaginables.

Ces 2 heures là, avec entracte, je les ai adorés. Non seulement parce que j’apprenais à connaître un côté de Jérôme que je ne connaissais pas, mais j’apprenais aussi à connaître Guy, son complice.

En fait, c’est leur complicité qui rend la pièce unique. Essayer de parler de votre enfance sans père, le sentiment d’impuissance quand on refuse votre aide et votre impatience envers des stagiaires qui ne cessent de comparer l’Afrique au Québec, le tout, sans achaler le monde avec des grandes déclarations altermondialistes.

Ben eux, ils le font très bien.

Version 2

Je ne peux pas vous dire tout ce dont Jérome nous raconte. D’abord, parce qu’il y a sûrement une loi sur la propriété intellectuelle qui me l’empêche. Aussi, je veux lui laisser le privilège de vous raconter les origines du titre. Mais surtout parce que je n’arriverais pas à résumer en quelques lignes une pièce de théâtre qui résume une période aussi crue de sa vie.

Si vous insistez, par contre, je la résumerais en une phrase: Le nègre blanc, c’est un voyage en Afrique pour 15$, mais sans la misère qu’il a vécu. Et tout le plaisir de l’expérience théâtral qu’ils ont à vous offrir.

Entre vous et moi, si vous avez 15$ et vous aimez l’aventure, le voyage, apprendre et vivre, allez-y!

Ça tombe bien, parce que Les Asociables offrent deux autres représentations de leur pièce de théâtre Le nègre blanc ce vendredi et samedi 17 et 18 février, à 20h00 au Théâtre de poche de l’Université Laval (Pavillon Desjardins, 2325 de l’Université, 2e étage, local 2112, Québec G1V 0A6).

Vous pouvez même vous procurer des billets en ligne ici.

Moi, en tout cas, je n’en retiens que du bon. J’ai toujours voulu aller en Afrique, mais j’ai juste l’argent pour me rendre à Québec de temps en temps. Si vous êtes déjà à Québec, c’est parfait, ça vous épargne le gaz aller-retour Montréal!

Prenez donc cet argent-là pour offrir une bière avec vos deux nouveaux complices.

Information

Titre: Le nègre blanc
Par: Les Asociables
Avec Jérôme Claveau et Guy Langlois
Facebook: https://www.facebook.com/asociables/
Événement Facebook: https://www.facebook.com/events/1198614610177414/
Billets: https://lepointdevente.com/billets/negre-blanc-quebec/

La fois où une fille m’a traité de douchebag

L’autre soir, je suis allé prendre une bière avec une amie, appelons la Kathy, et son amie, appelons-la Tina.

Plus on est de fou, plus on est ri, ouais?

Mettons que ç’a été le contraire.

Moi, j’aime croire que je suis fin, bien intentionné et respectueux des filles. Et de ce que je comprends, les filles avec qui j’interagis ont tendance à être d’accord avec moi: je suis un bon gars. Ceci étant dit, je préfère vous le dire tout de suite que dans cette histoire, j’ai agi de bonne foi et je n’étais pas mal intentionné.

(Ça commence bien, je clame mon innocence avant même d’avoir commencé. Anyways.)

On rentre dans le bar et la musique du DJ est vraiment mauvaise. Je lance une blague à Tina: « Je t’offre 10$ si tu dis au DJ que sa musique est mauvaise.»

En général, les gens trouvent ma blague drôle ou bien très ordinaire: Ha-Ha, JF, très comique.

De toute ma vie, ça ne s’est produit qu’une seule fois qu’une personne relève le défi. J’avais proposé 5$ à un ami de manger sa sandwich à la crème glacée avec du ketchup. Il l’a fait. Meilleur 5$ dépensé de ma vie.

Mettons que Tina n’a pas apprécié ma joke.

Tina: Euh, non! Je suis une femme indépendante, je n’ai pas besoin qu’on m’offre de l’argent pour que je fasse quoi que ce soit, dit-elle, offusquée.

Mettons que, je suis resté stoïque. La soirée n’allait pas être de tout repos!

Au courant de la soirée, on discute de tout et de rien, dont mon spectacle. Tina me demande c’est quoi le message principal de celui-ci. Je n’avais pas envie de rentrer profondément dans le sujet, donc j’ai dit la première chose qui m’est venue en tête: «Euh.. Être gentleman pour trouver l’amour est une perte de temps et d’énergie. C’est une illusion qu’il faut cesser d’enseigner aux gars. Ah, pi les gars doivent arrêter de perdre leur temps à courir après les filles. Quand la fille sera intéressée, elle lui fera savoir. Sinon, elle n’est pas suffisamment intéressée. Duh.»

En général, les gens s’étonnent de mon « discours de gentleman perdu». En soi, il n’est pas méchant. Si vous avez vu mon spectacle, je ne fais que verbaliser ma confusion sans insulter qui que ce soit. Après tout, il n’y a pas que les filles qui ne comprennent rien à l’amour.

Tina, par contre, n’a pas apprécié ce que j’ai dit et j’ai eu droit à une deuxième baffe verbale.

Tina: Tu sauras que les filles en valent la peine et qu’elles ne sont pas toutes à l’aise d’aller voir les gars donc c’est une bonne chose qu’ils viennent nous voir! Tu es vraiment ignorant aux situations des autres! dit-elle d’un ton rempli de hargne.

Mettons que, je suis resté stoïque. La soirée se réchauffait!

Une fois que tout le monde a pris un moment pour souffler, elle me demande d’y raconter une anecdote (un peu comme je suis en train de faire en ce moment) qui m’a amené à créer mon spectacle.

S’il y a une chose que j’aime faire, c’est d’embarquer les gens dans mes histoires. Je deviens passionné, je gesticule, mais surtout, j’ai tendance à «toucher» les gens, comme quand on touche l’avant-bras ou l’épaule de quelqu’un en racontant une histoire. Je ne sais pas trop comment décrire ça donc voici un GIF pour illustrer ce geste ainsi que la réaction à Tina.

giphy

Pour lui avoir touché l’avant-bras, elle m’a traité de douchebag.

Mettons que, cette fois-ci, je ne suis pas resté stoïque. La soirée venait de prendre un drôle de ton. Et moi, quand je n’entends pas rire, je peux dire des choses pas drôles.

JF: Écoute, c’est la troisième fois que tu t’en prends à moi gratuitement. Tu me juges et tu m’insultes alors que je n’ai rien fait de mal à qui que ce soit. Je pense que je vais me contenter de savourer ma bière tranquillement et ensuite partir. Je ne te dirai pas quoi faire, mais dis-toi que pour moi, la soirée en ta compagnie est terminée, dis-je avec un sourire de diplomate.

Pendant qu’un silence lourd s’empare de l’ambiance, mon ami Kathy tente bien que mal de sauver la soirée en faisant le pont entre nous deux, mais en vain.

Nos bières maintenant terminées, on quitte le bar. Je n’aime pas être en mauvais terme avec les gens, donc j’offre ma main à Tina pour faire la paix. J’avoue que j’avais peur qu’elle me traite encore de douchebag. Je le fais tout de même, car c’est ça le sportmanship: être civilisé. On n’est pas tous obligés de s’aimer, mais on doit au moins se respecter.

JF: Bon ben écoute, je ne peux pas dire que ce fut un plaisir de te rencontrer, mais je vais tout de même te souhaiter une bonne soirée.

Tina: Toi aussi, pi je te souhaite de trouver un remède pour ne plus être douchebag.

Mettons que, je suis resté stoïque. La soirée était terminée. Surtout pour Tina.

—-

Dans ma tête de gentleman perdu

Imaginez un monde où je traite les filles de bitch chaque fois qu’elles me touchent l’avant-bras. Imaginez ensuite que je reçoive 1$ chaque fois que je le faisais. Non seulement je serais millionnaire, mais tous les gens qui deviennent toucheux lorsqu’ils racontent passionnément une histoire cesseraient de me parler et ma vie serait assez ennuyante.

Dans tous les cas, il est clair que je ne parlerai plus à cette fille qui m’a traité injustement de douchebag.

Bitch.

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Ma logique imperturbable de gars qui en a assez de cette logique de fille immature

Il y a un an, une amie, appelons-la Sonia, m’invite à souper chez elle. Se sont jointes à nous son amie Ignas (nom fictif), ainsi que l’amie d’Ignas, Lucy (nom fictif), deux filles que je n’ai jamais rencontrées.

Voici le récit de cette soirée.


Avant de me joindre à la table, je dois terminer des trucs sur mon laptop. Pendant que j’envoie des courriels et je prépare ma to-do liste du lendemain, j’entends la conversation des filles dans la cuisine. Sans trop m’attarder à ce qu’elles disent, je pouvais clairement distinguer la dynamique: une d’entre elles avait besoin de vider son sac pendant que les deux autres lui offraient leur appui inconditionnel.

Une fois mes affaires terminées , je me rends dans la cuisine. Sonia me prend par surprise et me dit: justement, JF, c’est un expert là-dedans, hein? Suivi d’un clin d’oeil.

Je demande donc à Ignas, qui parlait depuis maintenant 20 minutes, le sujet de la conversation.

Elle m’a répondu avec une pointe de condescendance que ça ne servirait à rien de m’expliquer sa situation et que je ne comprendrais pas, puisque je suis un gars.

Bad move, girl.

JF: Justement, peut-être que je comprendrai, puisque je suis un gars, dis-je, tout renvoyant un clin d’oeil à Sonia.

Ignas: Bon d’accord. Mon copain, en France, est immature. Il ne me prépare pas de repas quand je suis fatiguée ou quand je suis pressée.

JF: Ah oui, très immature, j’avoue, répondis-je en roulant discrètement mes yeux vers Sonia. Ignas, lui dis-tu quand tu as besoin qu’il te prépare à manger quand tu n’as ni le temps ni l’énergie de le faire?

Ignas: Non. En tant que copain, il devrait le savoir.

JF: Ah oui, dis-je en demeurant calme. C’est vrai, il devrait être en mesure de lire dans tes pensées. Très égoïste, ton copain.

À côté de moi, je sens Sonia qui s’empêche de rire. Elle le sait trop bien qu’Ignas ne survivra pas à ma logique imperturbable de gars qui en a assez de cette logique de fille immature.

JF: Autre chose?

Ignas: Oui, il est égoïste. Il a commencé un bac en ingénierie en France alors qu’il savait que je poursuivais mes études ici au Canada.

JF: Ah oui, c’est vrai, très immature de lui de vouloir s’éduquer.

J’avais juste hâte à la cerise sur le sundae.

Ignas: J’ai beaucoup travaillé pour être où je suis rendue (sachez qu’elle n’a que 22 ans). Mon stage en Nouvelle-Zélande m’a beaucoup épuisé et ça l’a tout pris pour qu’on m’accepte au Canada. Ce n’est pas vrai que je retournerai en France parce que monsieur veut faire ses études là-bas.

JF: Donc, une fois ton stage au Canada terminé, tu trouves que de rejoindre ton copain en France est comme une punition?

Ignas: Exactement.

Sonia, Lucy et moi échangeons un regard de perplexité.

JF: Coudonc, Ignas, l’aimes-tu ton copain?

Ignas regarde Sonia et Lucy puis m’adresse la parole: Tu vois, je te l’avais dit que tu ne comprendrais rien.
Version 2

Ma réaction pendant mal toute la durée de la soirée.
Crédit: Peter Ryaux-Larsen

 

Je regarde Sonia. Je pouvais lire dans ses yeux son supplice que je me la ferme. Comme de fait, j’ai gardé ma bouche fermée. Après tout, sa misère ne m’appartenait pas et son interprétation de ma personne me laissait indifférent. De toute manière, j’avais trop faim pour poursuivre le sujet. On a soupé et les seules fois que j’ai ouvert ma bouche c’était pour manger.

Un peu plus tard, un autre ami et sa copine se sont joints à nous. Appelons les Jimmy et Lambelle.

Jimmy: Salut gang, qu’est-ce j’ai manqué?

Ignas: Rien, sauf le fait que JF ne comprend rien aux filles.

Ça y est, c’était mon feu vert. J’ai pris une grande inspiration et j’ai ouvert la bouche.

JF: En effet, Jimmy, je ne comprends pas pourquoi Ignas trouve immature que son copain ne lui fasse pas à manger alors qu’elle est fatiguée ou pressée sans qu’elle lui glisse un mot en croyant qu’il va pouvoir lire dans ses pensées. Je ne comprends pas pourquoi elle trouve égoïste que son chum poursuive ses études en ingénierie en France au lieu de la rejoindre ici. Je ne comprends pas non plus pourquoi elle trouve que c’est une punition que de rejoindre  son copain en France une fois son stage terminé au Canada. Et finalement, je ne comprends pas pourquoi elle reste en couple avec si elle ne l’aime pas.

Il y a eu un silence tendu, puis Ignas est parti en flèche vers le salon.

Lambelle: Ben là JF, franchement, dit-elle avec un petit sourire au coin.

JF: Quoi?

Lambelle: T’as pas d’allure, ajouta-t-elle entre deux petits rires discrets.

JF: Qu’est-ce j’ai fait?

Je regarde Lucy et je lui repose la question.

Lucy: Ben… rien. Tu lui as juste répété ce qu’elle nous a dit tantôt, dit-elle simplement.

Je regarde Sonia et je lui pose la même question.

Sonia: Je pense qu’elle n’est juste pas habituée à ta franchise, JF.

Ignas revient et m’adresse la parole d’un ton assez corsé comme seules les Françaises savent le faire.

Ignas: JF, c’est quoi ton problème? Pourquoi tu étales toute ma vie privée devant Jimmy et Lucy?

J’ai pris un moment pour réfléchir. Puis, j’ai compris.

JF: Ah.. je vois.. vous ne vous connaissiez pas..

J’ai ressenti un petit malaise. En même temps, je trouvais ça très drôle. Si je l’avais su, peut-être que je n’aurais pas ouvert la bouche. Mais bon, elle a lancé la première pierre. Ça aurait été impoli de ne pas lui rendre la pareille.

J’ai pris un autre moment pour réfléchir. Puis, je me suis dit que la bonne chose  à faire était de m’excuser.

JF: Désolé, Ignas, tu sais, moi aussi, j’ai une vie amoureuse de marde. Ça me fait plaisir de la partager aux gens parce que ça les fait rire, mais aussi parce que ça leur fait du bien de savoir qu’ils ne sont pas les seuls à vivre des incompréhensions et des frustrations. Je comprends maintenant que ce n’est pas tout le monde qui aime partager leurs histoires à des inconnus. Sincèrement, je suis désolé.

Bon ok, je ne me suis pas vraiment excusé. Ça sonne plus comme des paroles de consolation sur fond de condescendance remplie de pitié.

Voici ce que j’aurais vraiment dû y dire.

Version 2

Moi quand j’énumère tout ce qui a d’incohérent dans la logique de fille immature
Crédit: Peter Ryaux-Larsen

 

Désolé, Ignas, mais ta logique de fille immature ne m’ébranle pas.

Si tu aimais vraiment ton copain, tu ferais preuve d’une communication saine avec lui. Par exemple, tu lui demanderais poliment de te rendre service et de te préparer à manger. Car si tu ne le savais pas, les gens qui s’aiment s’entraident.

Si tu l’aimais vraiment, tu l’encouragerais dans ses études tout comme il fait avec toi et ton projet de stage au Canada.

Si tu l’aimais vraiment, tu ne serais pas en train de parler dans son dos. Tu ne le traiterais pas d’immature et d’égoïste. Au contraire, si tu l’aimais, tu dirais quelque chose positif du genre: «Pour le moment, nous vivons le moment présent. Je suis heureux avec lui, malgré la distance qui nous sépare. Une fois mon stage terminé, nous verrons où nous en sommes dans notre relation. Pour le moment, on s’apprécie comme on peut!»

Autrement, si tu ne changes pas d’attitude, la prochaine fois que je le vois, je lui dirai ce que tu m’as dit de lui. Et crois-moi, je ne doute pas une seconde qu’il sera d’accord avec moi: il mérite mieux que toi.


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Blind date O.Noir

Êtes-vous déjà allé en blind date au restaurant O.Noir, un restaurant où on mange dans la noirceur totale? C’est un concept original, n’est-ce pas? J’ai eu le privilège de vivre l’expérience et il me fait plaisir de vous la partager. Alors préparez-vous une bonne tasse de café ou de thé. Assoyez-vous confortablement et bonne lecture!

En juin dernier, j’ai matché avec une fille sur Tinder. En fait, c’était un gars, Tom (nom fictif). Il avait créé un compte pour son amie, Mahé (nom fictif), qui a accepté de se prêter au jeu de ses amis. Voici les règles:

  1. Tom lui crée un profil Tinder.
  2. Tom choisit un gars pour Mahé.
  3. Mahé et le gars vont en blind date au restaurant O.Noir.

Pour l’occasion, ses amis lui offrent une carte cadeau de 100$ pour couvrir les frais de la soirée.

1. L’entrevue

Lorsque je matche avec Mahé, Tom me dit immédiatement qui il est et pourquoi il gère le profil Tinder de son amie.

Sans perdre une seconde, Tom me demande de me vendre et de lui expliquer pourquoi je mérite de passer une soirée avec Mahé.

Moi: Pardon? Qu’est-ce tu veux dire par je dois me vendre?

Tom: Mais oui! Dis-moi pourquoi je devrais te choisir pour profiter d’une soirée avec Mahé!

Moi: Désolé mon cher, mais c’est l’inverse.

Tom: Pardon? Qu’est-ce que tu veux dire par c’est l’inverse?

Moi: C’est à toi de me la vendre. Pourquoi est-ce qu’elle mériterait de passer la soirée avec moi?

Tom: Ben voyons donc, évidemment c’est à toi de te vendre, c’est toi le gars! Je t’offre l’opportunité de passer une belle soirée avec une personne fantastique!

Moi: Dis-moi, en quoi est-elle fantastique?

Tom: D’abord je la connais depuis très longtemps et je l’adore. Ensuite, elle est super intelligente et très drôle!

Moi: …

Tom: Et toi? Qui dit qu’elle ne s’ennuiera pas avec toi?

Moi: Si elle s’ennuie avec moi, alors clairement elle n’est pas si fantastique que ça!

Tom: hahaha! J’adore ton humour. Elle va beaucoup aimer ça. C’est bon! Si tu veux, tu peux aller en blind date avec Mahé!

L’affaire est ketchup, le gentleman perdu s’embarque dans une nouvelle aventure.

2. La pré-date

Avant même que la date débute, je regrette déjà d’avoir accepté. Je n’ai qu’une soirée de congé et je dois la passer avec une personne que je ne connais pas dans un restaurant que je ne connais pas. Si je ne change pas d’attitude, elle aussi regrettera d’avoir accepté de se prêter au jeu. Je décide donc de changer d’attitude. Après tout, on m’invite à souper. Aussi, ce n’est pas tous les jours que je vais en blind date dans la noirceur avec une match Tinder qui ne t’a jamais vu!

Je ne sais pas quoi porter ce soir-là. Je ne sais pas si je dois garder mes lunettes ou porter des verres de contact. Puis, je me trouve niaiseux: Voyons JF (nom réel), tu vas être dans le noir, on s’en fou! Comme de fait, je ne me suis même pas changé. J’ai mis mes sandales à moitié amochées, un t-shirt blanc un peu sale et des shorts. Dans le fond, une blind date dans la noirceur, c’est génial, parce que ça force les gens à se concentrer sur la personnalité de l’autre et non son apparence.

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Photo: L’intérieur du restaurant.

Rendu au restaurant, le serveur, qui ne sait pas que je suis en blind date, me demande de m’asseoir avec le menu et de l’attendre. Je regarde le menu et je prends un plat abordable en fonction du budget qu’on lui (Mahé) a alloué.

Alors qu’il m’accompagne à la table, je ne vois tellement rien que j’ai mal aux yeux. Je ne suis pas habitué à une telle noirceur. Ça commence bien!

Puis, une personne s’assoit en face de moi et se présente: Bonjour, moi c’est Mahé.

3. La date

Après m’être présenté, on jase de combien la situation est cocasse. Je lance quelques blagues ici et là en plus d’être sarcastique par moment. Hélas, elle n’accroche pas.

Moi, une fille qui ne comprend pas le sarcasme, ça ne m’attire pas.

Au fur et à mesure que la nourriture nous est servie, les questions s’enfilent: tu fais quoi dans la vie, où as-tu grandi, aimes-tu voyager et ainsi de suite. Je continue de lancer des blagues ici et là. J’attends surtout les siennes. Mais elles n’arrivent pas.

Clairement, Tom s’est trompé: elle n’est pas drôle du tout.

On m’a souvent dit que les filles aiment le challenge et qu’en théorie c’est la raison pourquoi elles aimaient les badboys. Mais moi, je ne suis pas un badboy. Mais, je sais comment challenger une personne, intellectuellement. Du coup, c’est l’occasion pour confirmer l’affirmation de Tom qu’elle est « super intelligente ». On se met donc à parler de mon sujet de prédilection: le gentleman.

Je lui pose des questions élémentaires comme : qu’est-ce qu’un gentleman selon elle et si toutes les femmes en méritent un. Je lui demande aussi ce qu’est une femme selon elle. Ses réponses me laissent indifférent, tout comme le rôti de porc fade servi avec une purée de chou-fleur et de carotte. Toutefois je lui concède: elle s’exprime bien.

Après son monologue, je prends la parole et je lui lance les trois affirmations suivantes:

  1. Il y a une différence entre être une fille et être une femme, à juste titre qu’il y a une différence entre être un gamin et être un homme.
  2. Une fille, peu importe son âge, qui a la prétention de se proclamer « femme »  alors qu’elle n’est réellement qu’une gamine ne mérite pas un gentleman.
  3. C’est au tour des femmes d’approcher les hommes si elles veulent trouver l’amour. Les hommes en ont assez de se faire rejeter.

Je n’écoute pas vraiment ce qu’elle me répond, je suis trop concentré à terminer mon assiette avec mes doigts pour trouver les derniers morceaux de nourriture amorphe qui se cachent dans l’ombre de mon ennui.

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Photo: Selfie avec mon repas et ma date

4. La fin de date

Notre date tire à sa fin et je regrette pas mal d’avoir accepté. Je m’attendais à un meilleur repas, surtout à 50$. Tout au long de ma soirée, je me disais que j’aurais dû me faire un BBQ and chill avec mon alter ego.

J’ai donc la brillante idée de lui offrir la chance du siècle de démontrer qu’elle a un bon sens du jeu/humour. Comment? En lui proposant qu’on se quitte sans que l’on se rencontre à la lumière, qu’elle voie mon profil Tinder et qu’elle me contacte uniquement si je lui plais.

Pire. Idée. Ever.

Elle s’offusque!

J’insiste parce que, pour honnête avec vous, j’ai plus envie de dire nos au revoir maladroits dans le noir qu’à la lumière.

Elle finit par accepter.

Soulagement.

5. La facture

En quittant le restaurant, le serveur m’intercepte.

Serveur: Pardon, où allez-vous?

Moi: Ben… chez moi?

Serveur: Désolé, il vous reste une balance de 40$ à payer.

Moi: Pardon? 40$? Comment ça?

Serveur: Les deux verres ainsi que le pourboire, monsieur.

Moi: De toute manière, je suis l’invité, quelqu’un d’autre s’occupe déjà de la facture.

Serveur: Désolé, je n’ai pas reçu cette information à ce sujet.

Clairement, nous sommes dans une zone grise. Avec la bartender, on étale les multiples scénarios envisageables.

Serveur: Tu dois être gentleman et payer le repas.

Moi: Mais non, c’est moi l’invité.

Bartender: Donc tu ne payes rien, mais elle va avoir une méchante surprise en sortant.

Serveur: Ça serait vraiment chien.. Tu devrais payer si tu as passé une belle soirée. As-tu passé une belle soirée?

Moi: Non.

Serveur et bartender: …

Moi: Je répète, c’est moi l’invité.

Serveur et bartender: … on ne sait pas quoi te dire …

Moi: Si je couvre la moitié, c’est acceptable?

Serveur et bartender: Pourvu que la facture soit réglée au complet.

Je paye 20$ et je pars.

6. La confusion du lendemain

Le lendemain, je reçois un message de Tom.

Tom: Franchement JF, tu manques de classe. Tu aurais pu régler la facture au complet. Après tout, elle a déboursé 100$ pour le repas. Tu n’as vraiment pas été gentleman.

Moi: Désolé mon cher, mais elle n’a déboursé que 20$, tout comme moi. Le 100$, c’est toi et tes amis qui l’aviez déboursé et non elle. J’ai donc agi en tant que gentleman en la considérant comme une femme autonome et indépendante. De plus, considérant qu’elle gagne le triple de mon salaire, on peut dire que j’ai fait ma part des choses.

Tom: Ok et bien là elle est fâchée contre toi. La seule manière de te racheter c’est de l’inviter pour un verre et de payer cedit verre.

Moi: Désolé mon cher, mais si je l’invite pour un verre, ce n’est pas dans l’intention de me « racheter », car je n’ai rien fait de mal. Si je l’invite pour un verre, c’est tout simplement dans l’intention de passer du temps avec elle. Et qui dit que j’ai envie de la revoir?

La conversation termine inévitablement en queue de poisson.

En effet, je n’inviterai pas Mahé pour un verre.

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Photo: Interprétation artistique de mes émotions suite à ma conversation avec Tom

7. Le dénouement

Deux semaines plus tard, je reçois un message de Mahé.

Mahé: Salut JF, je n’aime pas maintenir une ambiance d’ambiguïté, alors je préfère te le dire maintenant: nous ne pourrons pas être plus que des amis.

Sa réponse m’a étonné. Voici pourquoi.

Lorsqu’elle avait accepté qu’on ne se rencontre pas à la lumière et qu’elle me contacte uniquement si mon profil lui plaît, ça voulait aussi dire qu’elle avait l’option de ne pas me contacter si je ne lui plaisais pas.

Je ne comprends donc pas son insistance à vouloir me faire comprendre qu’on ne pourra pas être plus que des amis. Peut-être que c’était pour protéger son ego? Peut-être qu’elle n’était pas habituée qu’un gars/homme/gentleman (appelez-moi comme vous voulez) ne soit pas si intéressé envers elle?

Son message me laisse indifférent. Ce n’était pas la première fois qu’une fille me « rejette ».

Inévitablement on discute du règlement de la facture. Je continue de plaider non couple. J’ai agi dans les règles de l’art. Elle n’est pas d’accord. On fait la paix. Puis, on se dit au revoir.

On ne s’est jamais reparlé depuis.

8. Ce que j’en retire

  1. À Montréal (je ne parlerai pas pour les autres régions du Québec ni du monde), on vit dans une culture amoureuse où le gars doit vendre sa candidature à la fille pour qu’elle s’intéresse à lui. Pourquoi? Puisqu’on tient pour acquis que la fille en vaut toujours la peine, peu importe qui elle est.
  2. On s’attend encore que le gars paye pour la date, même si c’est lui l’invité.
  3. Il faut prendre avec un grain de sel la description qu’un ami a de son amie.
  4. La prochaine fois que j’irai en date, c’est avec une fille qui m’intéresse et qui m’invite.

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Tinder vs Kijiji

Je travaille sur la route depuis maintenant près d’un mois. J’utilise plusieurs applications quotidiennement: Facebook, Google Maps, Gmail et j’en passe. Mais les deux applications dont j’ai toujours le plus hâte d’utiliser sont Tinder et Kijiji.

Tinder et Kijiji? Et oui!

Tinder, je pense que tout le monde sait pourquoi je suis là-dessus: pour faire de nouvelles rencontres, me faire des nouveaux contacts dans diverses villes à travers le monde et qui sait, peut-être trouver l’amour (comme mon cousin).

Kijiji, certains comiques diront que c’est pour aller dans la catégorie « rencontres manquées » ou « retrouvé et perdu ». En fait, j’y vais pour magasiner une van de style campeur pour voyager partout en Amérique du Nord.

Après un mois d’utilisation accrue des deux applications, j’ai remarqué que j’ai plus de chance de trouver une van que d’avoir des matchs Tinder. J’en reviens pas! Il y a même une personne à Whitehorse au Yukon qui est prêt à échanger sa van Chevrolet 1990 pour ma Cavalier 2001!

On me pose souvent la question: « Veux-tu ben me dire JF pourquoi tu n’as pas de match TInder? Pourtant, t’es beau bonhomme! » Quand je regarde mon profil Tinder, je me dis qu’en effet, il a l’air vraiment pas pire, ce gentleman perdu. Vous ne trouvez pas?

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Alors pourquoi n’ai-je pas plus de matchs? Honnêtement, je n’ai aucune idée. Peut-être que je ne maîtrise pas l’étiquette de Tinder? Peu importe les raisons, voici quelques observations que j’ai faites pendant mon utilisation lors du dernier mois.

Taux de réponse

Sur Kijiji, quand une annonce m’intéresse, j’écris à la personne directement: «Bonjour, est-ce toujours disponible?» et 99% du temps j’ai une réponse claire. C’est soit oui ou c’est soit non.

Sur Tinder, quand je prends le temps de lire la description des profils et de regarder toutes les photos, après que je me sois demandé si je l’intéresserais, après que je me sois dit qu’il faut parfois croire en ses chances, je glisse à droite. 99% du temps je n’ai pas de match. Et même si j’ai des matchs, quand je leur écris, 99% du temps, je n’ai pas de réponse.

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Service à la clientèle

Quand j’ai une réponse sur Kijiji, la personne et moi discutons de l’annonce en question. Parfois, on saute l’étape des courriels pour s’appeler directement, car cela facilite les échanges. En général, l’annonceur offre un service à la clientèle satisfaisant. Son but, bien sûr, est de conclure la vente. De mon côté, je m’intéresse à son annonce afin de savoir si elle répond bien à mes besoins. Pour avoir utilisé Kijiji assez souvent par le passé, ça ne prend pas de temps avant de conclure une vente ou de passer au prochain appel. Il va sans dire, les gens sur Kijiji sont gentils.

Quand j’ai un match sur Tinder, je fais comme sur Kijiji, j’écris à la personne en premier. Je pourrais attendre que la fille m’écrive en premier, mais je ne le fais pas, car dans sa description, souvent il est écrit: « si vous voulez en savoir plus sur moi, venez me parler» ou «venez me parler, je ne mors pas». Donc je fais le premier pas à sa demande.

Plusieurs choses alors se produisent. D’abord, si je ne dis pas la bonne chose, elle risque de ne pas me répondre. Et Dieu sait combien de gars lui on dit des conneries. Je dois donc être très original.  Ça revient à dire que mes chances de trouver l’amour dépendent de ma verbe.

Quand je ne reçois pas de réponse après quelque temps (des minutes, des heures, voire même des jours), je demeure confus. Pourtant, elles ont été très claires dans leur description de profil de ne pas avoir peur de leur parler. Alors pourquoi lorsque je leur parle, elles ne me répondent pas?

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Gestion des attentes

En général, sur Kijiji, les annonceurs sont honnêtes. Depuis que j’utilise le service, je n’ai jamais rencontré une personne qui m’a faussement décrit son produit. J’aime comment la communication est facile et les attentes entre particuliers sont bien gérées. Il y a un produit, suivi d’une négociation, on fix un prix puis un lieu de rencontre. S’en suit une transaction conclue d’une simple et chaleureuse poignée de main. Merci bonsoir.

En général, sur Tinder, c’est le chaos. Déjà que je n’ai pas beaucoup de matchs et celles que j’ai ne me répondent pas, dès que la conversation commence, ça se corse. Pour avoir lu sur le sujet et entendu les filles se plaindre de l’attitude des gars, entretenir une conversation avec une fille sur Tinder est une tâche colossale. Soit elles se disent que je fais semblant d’être fin parce que tout ce que je veux c’est une baise d’un soir alors qu’elles veulent une relation sérieuse. Ou c’est le contraire. Elles se disent que je veux une relation sérieuse alors qu’elles ne veulent qu’une baise d’un soir. On dirait que je ne tombe jamais sur une personne qui a les mêmes attentes que moi. La preuve: c’est très rare que je rencontre mes matchs Tinder.

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Gérer les déceptions

J’avoue, je dois sûrement créer quelques déceptions sur Kijiji. Est-ce que c’est parce que je leur pose des questions sur leur van que je vais nécessairement l’acheter? Bien sûr que non. J’ai des besoins particuliers et je dois respecter comment je dépense mon argent. Mais ça, c’est acquis sur Kijiji. Les gens savent qu’on ne peut pas tout acheter. Mais au moins je donne la chance au vendeur de me vendre sa salade. Alors que sur Tinder, c’est l’inverse, je suis tellement déçu des filles. Elles ne me donnent même pas la chance de me reprendre si je ne leur offre pas la meilleure « pick-up line ». Elles font quoi alors à me glisser à droite? Ou plutôt: elles fouttent quoi sur Tinder?

En conclusion

Ce que je constate, à travers Tinder, c’est que la séduction en ligne, c’est une question d’apparence. Mais c’est aussi très stratégique où la chance y est pour beaucoup.

Soyons honnête, il y a plus de chance que je me trouve une van avant que je trouve l’amour.

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À qui la perte?

On est samedi soir, je suis à Saint John’s à Terre-Neuve. Je ne connais personne sauf les quatre membres de mon équipe. Tout le monde veut sortir et rencontrer de nouvelles personnes. Même si on est des gars très sociaux, notre premier réflexe est d’aller sur Tinder.

C’est très rare pour moi d’avoir des matchs, simplement parce que je ne fais pas 6 pieds et je n’ai pas de barbes. À ma plus grande surprise, à 4, on totalise plus de 100 matchs. Ç’a l’air que la viande fraîche (nous) est courue par ici.

Dans mon cas, j’en ai plus de 25. La majorité des filles ne répondent pas à mes messages remplis d’enthousiasme. Quelques-unes répondent «allo» sans point d’exclamation. Je m’en tiens donc à 2 conversations: une qui répond assez rapidement et l’autre qui prend son temps.

La première est occupée à 22h00 et la deuxième n’est disponible qu’à compter de 22h30. Je propose à la première de se rencontrer à 20h00 pour un verre et j’accepte de l’offre de la deuxième de se rencontrer à 22h30. Parfait planning.

Je rencontre la première au coin de la rue Duckworth Street et Wood Street. Elle est super énergétique et contente de me rencontrer. On se donne un gros câlin et on se met à pratiquer son français. Elle m’amène au bar The Vinyl room. À sa grande surprise, le bar est fermé pour un événement privé. Ç’a la prend par surprise. Elle ne sait pas quoi faire. Je lui rassure que ce n’est pas grave, qu’on n’a qu’à marcher et qu’on trouvera un bar qui nous conviendra. Elle retrouve le sourire.

Elle m’amène au bar The Ship et m’offre de payer mon verre. Déjà là, je capote. JAMAIS une fille ne m’a offert un verre à notre première date. Je me dis qu’elle le fait sûrement parce qu’elle est sympathique et non pas parce que je suis sa date.

David Bowie joue dans le bar. Elle adore cet artiste. De mon côté, je n’ai jamais vraiment écouté sa musique. Je vois alors la déception dans son visage. Comme si j’étais une honte à la citoyenneté canadienne. Mais on en rit et ça ne fait que nous lier davantage.

22h00 arrive et mon alarme interne sonne silencieusement : «JF, tu as une date dans 30 minutes, tu dois partir.» Je rappelle à ma date que c’est l’heure pour elle de retrouver ses amis. Elle me rassure qu’elle n’est pas pressée, car ses amis sont toujours en retard. Je suis de plus en plus nerveux. Comment vais-je me sortir de cette situation?

Alors qu’elle se rend aux toilettes, je texte la deuxième date pour lui demander si c’est correct qu’on repousse notre rendez-vous à 23h00. Elle accepte. Soulagement. Je me suis acheté du temps, mais je sais que ce n’est pas beaucoup. Je stresse. Je dois trouver une manière de me défaire de ma première date sans manquer de classe.

Ma date revient au bar et me dit que son ami vient de la texter. Il l’attend au bar Grapevine. Elle me demande si je veux venir avec elle. Je fige. Ma deuxième date est à ce bar. Là, je suis vraiment dans la merde. Comment réagira-t-elle si elle me voit avec une autre date? J’écris subtilement à mes amis sur notre groupe chat WhatsApp pour leur aide. Le meilleur conseil que je reçois c’est de me calmer. Merci les gars, très utile.

Alors qu’elle continue de me raconter ses histoires, je cherche une manière d’éviter une situation compromettante. Je crains qu’elle m’haïsse si je lui dis que j’ai une deuxième date. En même temps, c’est normal que je me sois prévu de quoi après notre rendez-vous. Après tout, c’est elle qui n’était plus disponible après 22h00.

Lorsqu’elle a terminé son histoire et pris sa dernière gorgée de bière, elle saute de son tabouret et me demande d’une voix enthousiaste si je suis prêt à partir. Je fige et je la fixe des yeux sans dire un mot. Elle s’inquiète: «ça va? »

Je la trouve tellement cool et je ne veux pas lui mentir. Je ne suis pas capable de mentir de toute manière. Alors je lui dis la vérité: «Je trouve ça vraiment embarrassant et tu risques de me détester, mais j’ai une deuxième date Tinder et elle est au Grapevine.»

Elle fige à son tour. Un silence tendu s’installe entre nous. J’attends. Ça me semble être une éternité. J’attends encore. Mon coeur bat. Puis, elle part à rire. Soulagement? On peut dire que oui. Évidemment, elle me demande pourquoi j’ai prévu de quoi après. Ça y est, elle m’offre une chance de me justifier. J’en profite et je m’explique: «Tu m’as dit que tu étais occupée à compter de 22h00, alors je me suis prévu de quoi après.» Mais ma réponse ne me fait paraître comme un player. Comme si elle était la seule fille que j’avais le droit de rencontrer ce soir-là.

À ma grande surprise, elle me propose qu’on de se rend au Grapevine ensemble et que je rencontre ses amis avant l’arrivée de ma date. Wow. Tu parles d’une attitude positive! Alors on s’y rend et on continue à rire ensemble comme on fait depuis le début de notre soirée.

Rendue sur place, elle donne un gros câlin à son ami et me présente. Ça clique immédiatement entre nous et les trois ont ri du fait que j’ai une deuxième date dans même pas 10 minutes. Je commande des verres et je continue à jaser avec ma première date. Du coup, on apprend que les deux on adore les comédies musicales. Elle ne me croit pas, puisqu’au bar précédent, je lui avais dit que je ne connaissais pas trop les chansons de David Bowie. Pour prouver mon grand intérêt pour la comédie musicale, je commence à lui chanter la chanson Music of the night du Fantôme de l’opéra. Nul va sans dire, ça clique de plus en plus entre nous.

Je regarde l’heure, il est bientôt 23h00. Ma deuxième date arrivera bientôt. Elle m’avoue qu’elle trouve ça plate que j’aie prévu de quoi. Je comprenais clairement son message: elle veut que j’annule ma deuxième date pour poursuivre notre soirée. Malheureusement, je ne peux pas faire ça. Je n’annule pas derrière minute. J’honore ma parole, tout comme j’aimerais que les autres le fassent. Je lui explique, mais je vois sa déception dans ses yeux. Moi aussi, je suis déçu. En même temps, je suis fier d’être un homme honnête de parole.

Ça y est, ma deuxième date arrive. Je lui dis allo de la main. Ma première date me fuit et se rend vers un autre coin du bar. J’espère que je la reverrai plus tard. Je me présente à la deuxième et je sens immédiatement que ce sera une longue soirée. En plus, dans son profil, elle mentionnait qu’elle était engagée socialement. Je pouvais donc m’attendre à quelques cours de sociologie au courant de la soirée.

Comme elle n’a pas une voix qui porte, on se dirige vers le fond du bar pour jaser, là où c’est moins bruyant. Elle me parle de privilège des hommes, des blancs, de la situation des queers à Saint John’s, qu’elle joue de la base, mais qu’elle n’est pas très bonne. Plus elle parlait, plus ma bière perdait de son goût. À 8$ la Molson, ça coûte cher pour rien.

Je m’excuse auprès d’elle pour me rendre au bar et me commander un autre verre. Je croise l’ami de ma première date et on parle de ce qui vient de se produire. Il me dit qu’elle était vraiment contente de me rencontrer, qu’elle me trouvait vraiment de son goût et qu’elle trouvait ça dommage que j’ai poursuivi ma soirée avec ma deuxième date au lieu d’être avec elle. Je lui ai donc demandé d’y texter pour lui dire que j’aimerais ça qu’elle revienne, car ma deuxième date tire à sa fin. Sans réponse, je la texte sur Tinder.

Elle me répond quelques instants plus tard: «Désolé mon cher, c’est ta perte.»

Je fige. Je réfléchis. Je lui réponds: «Désolé ma cher, c’est notre perte.»

Après avoir quitté ma deuxième date, je rejoins mes amis au Subway où je leur raconte ma soirée. Ils me disent que j’aurais dû mettre plus d’effort pour revoir la première date. C’est là où ils avaient tort. Voici pourquoi.

D’abord, j’ai été entièrement honnête tout au long de la soirée, je n’ai joué personne. Ça mérite d’être souligné.

Deuxièmement, si elle avait voulu avoir l’option de passer la soirée ensemble, elle n’aurait pas dû prévoir de quoi à 22h00.

Certains vont me dire: «oui, mais JF, c’était à toi de ne rien prévoir. Comme ça, si ça se passait bien entre vous deux et qu’elle voulait continuer la soirée avec toi, t’aurais eu l’option!» Je ne suis pas d’accord. C’est un double standard. Pourquoi serait-elle en droit de s’offrir un plan B si je ne l’intéresse pas alors que moi je dois baser ma soirée sur ses intentions. Moi aussi, j’ai une vie. Et laissez-moi vous dire que depuis longtemps, elle n’est plus basée sur l’intérêt qu’une fille a envers moi ou pas.

Troisièmement, ma deuxième date n’a pas duré plus d’une heure. Il était juste minuit. Et à Saint John’s, c’est l’heure où les gens commencent à sortir. Ma première date et moi avions donc amplement le temps pour poursuivre notre soirée ensemble.

Et quatrièmement, avec qui ries-tu et chantes-tu autant lors de ta première date Tinder? Personne. Il n’en tenait qu’à elle pour qu’on puisse se rejoindre.

Ce n’était donc pas ma perte, mais bien notre perte.

Est-ce que quelqu’un oserait dire que c’est sa perte? Son ami répondrait sûrement que oui.